• Voici la dernière production, sur le sujet passionnant du moment évidemment ! Je remarque que je n'ai presque plus besoin de le questionner pour le faire avancer dans son récit, son débit et son imagination sont assez fluides à présent. Il se permet même des fantaisies, me lançant "Mais maman, je sais bien, c'est une histoire,  alors on peut inventer ce qu'on veut !" Victoire !

     

    Le désert des beaux serpents

    Dans le désert, un serpent se promenait. Il était en train de chasser. Il avait vu une grosse souris rouge et il décida de la mordre.

     

    Il va sous le sable et... CROC ! La mord et l'avale. Il l'écrase avec sa gorge d'un seul coup.

     

    Après, il saute sur sa queue et s'envole. Il atterrit sur la France et mange une gazelle. Il crache les cornes, les sabots et les pattes car il ne veut pas être gros comme un anaconda. C'est une vipère. Elle veut grandir alors elle mange une seule gazelle, et pas tous les jours.

     

    Dans le désert, les autres serpents se demandent où est passée la vipère. Ils cherchent dans tous les pays mais ne la trouvent pas. Finalement, ils la retouvent en France et hop ! Po-ïng po-ïng, elle saute sur sa queue et retourne dans le désert, sous le sable.

     

    FIN

     


  •  

     

    Amusé qu'on puisse vraiment inventer tout ce qu'on veut dans une histoire, Nathanaël a mis son personnage fétiche du moment en scène.

      

     

    LA BALEINE

     

    La baleine habitait dans une caverne préhistorique.

     

    Un jour, elle décide d'aller surveiller si personne ne veut chasser les autres baleines. Elle vit que dans l'océan, chaque baleine voulait être la plus belle du monde. Mais c'était cette baleine qui était la plus belle.

     

    Un autre jour, elle vit que sa caverne ramollissait et devenait de plus en plus petite. Alors elle déménagea et chercha une autre caverne. Elle nagea, nagea, nagea mais ne trouva pas d'autre caverne. Elle essaya toutes les autres maisons de l'océan mais malgré ses efforts, tout était trop petit pour elle car elle était très grosse ! Alors elle décida d'aller chercher dans un magasin de l'océan qui s'appelait Décathlon une autre caverne préhistorique. Elle essaya une caverne, et ça allait bien.

     

    Mais un jour, toutes les maisons devinrent très grosses ! La baleine était très contente.

     

    Un jour, elle voulut aller chercher à manger, mais rien : pas de plancton, pas de krill, pas de petits poissons,... tout avait été pêché ! Il n'y avait que des cétacés dans l'océan.

     

    Mais une voiture arriva et donna à un marin de la nourriture pour les baleines. Le marin apporta aux baleines, aux orques, aux dauphins, aux cachalots et aux bélugas aussi tout ce qu'il leur fallait à manger. Le marin plongea sous l'eau pour aller les voir. Comme ils voyaient que le marin leur apportait à manger, les cétacés ne le mangèrent pas.

    FIN

     

    (ou presque, car l'histoire se poursuit encore une heure après...)

      

    La baleine

     

     


  •  

     

    Ce matin, Nathanaël se demande pourquoi tel personnage est ainsi, pourquoi il fait cela... Alors je lui explique que l'auteur d'une histoire, quand il écrit, peut inventer et raconter tout ce qu'il veut ! Ses yeux sourient. Je lui demande s'il aimerait inventer une histoire, que je pourrais écrire pour lui, puisqu'il ne sait pas encore écrire. Réponse immédiate : oh oui !

    Alors, après le petit déjeuner, je prends un cahier, un stylo... et c'est parti pour un "remake" de l'histoire de M. Rigolo, dans laquelle vont venir se greffer aux pans de son imagination des images vues dans d'autres livres, dans des documentaires, dans sa vie quotidienne.

    Une fois relue, je tape l'histoire, Nathanaël le titre, je l'imprime et il l'illustre (je l'aide à finir le coloriage et à donner un regard à son personnage).

     

    M. RIGOLO

     

     

     

    M. Rigolo habitait dans une armoire. Il avait une voiture-tasse. Il avait aussi un café-chocolat en plastique. Son jardin était tout poilu, touffou-touffu. Et son nichoir pour oiseaux était en fer. Il y avait beaucoup d'oiseaux qui se bousculaient dedans et se faisaient tomber pour avoir toute la place.

    Un jour, M. Rigolo alla au zoo pour le visiter. Le gardien le laisse rentrer parce que les animaux ne sont plus enrhumés. Mais les animaux boudent parce que le léopard dit n'importe quoi ! Ils ouvrent leurs cages et chassent le léopard du zoo. Le gardien ferme le zoo. Juste avant, M. Rigolo rentre chez lui vite vite avec le léopard pour surveiller sa maison au cas où il y aurait des voleurs. Il lui fait visiter sa maison et lui lave les pattes en rentrant. Il lui mettra des chaussures sur les pattes avant et arrière pour qu'il ne les salisse pas, parce qu'après il faut faire le ménage et c'est pas rigolo. Le gardien du zoo veut bien que le léopard reste chez M. Rigolo.

     

    FIN

    rigolo

    


  • Au cours d'une séance vaisselle avec moi, Nathanaël sachant qu'il ne peut pas utiliser les produits qui sont nocifs pour sa peau fragile de petit garçon, me demande :

    "Est-ce que je pourrai faire la vaisselle quand je serai un adolescent ?

    - Oui. (même si je pense qu'il n'en aura plus vraiment l'envie )

    - Et tu seras encore ma maman quand je serai un adolescent ?

    - Oui, bien sûr !

    - Et quand je serai devenu un adulte, tu seras encore ma maman ?

    - Oui, je serai toujours ta maman !

    - Et je déménagerai pour aller habiter dans une autre maison ?

    - Sûremement.

    - Non ! Je resterai habiter avec toi !

    - Mais tu auras peut-être une amoureuse et tu voudras aller vivre avec elle ailleurs, et avoir des enfants, devenir un papa...

    - Mais je t'aime beaucoup, je voudrais rester tout le temps avec toi !!

    - Toute la vie ?

    - Oui !"

    Le lendemain, même endroit, même situation.

    " Maman, est-ce que quand je serai un adulte je pourrai faire la vaisselle tout seul ?

    - Oui.

    Moment de réflexion.

    - Mais quand je serai adulte, je demanderai aux voisins du 3ème étage si je peux habiter à leur place, comme ça je serai à côté de vous !

    -  Tu sais, nous n'allons peut-être pas rester toujours à Budapest, dans cet appartement, on déménage souvent.

    - Alors si vous déménagez en Belgique, je viendrai habiter aussi en Belgique avec mon amoureuse. Et si vous déménagez à Lille, je viendrai habiter à Lille avec mon amoureuse !

    - Mais tu crois que ton amoureuse voudra bien déménager souvent comme ça ?

    - Ben oui... parce qu'elle vous aimera bien."

    Quel cheminement, quelle réflexion... quelle stratégie !

      


  •  Nathanaël, très réceptif aux sons, reproduisant aisément les mots de sa langue maternelle, toujours pris de passion pour la lecture d'histoires, vient de s'amouracher d'un nouveau livre : Ma vallée, de Claude Ponti, et plus particulièrement d'un passage, provocant systématiquement et inlassablement des fous-rires ! Dans un chapitre, les petits Touim's s'amusent à se répartir en différents endroits de la vallée et à faire s'envoler au gré du vent quelques phrases qu'un premier prononce, qu'un second écoute et répète à un troisième et ainsi de suite. L'auteur, déjà dans le choix des noms de ses personnages entre habilement dans l'univers de l'enfant, avec ses sonorités typiques, babillantes (Poutchy-Bloue, Tresse-Finouille, Smargoule, Souzizou...) et sa poésie singulière et insensée enchante. Extrait du chapitre "Le grand vent et le vent moyen" :

    "Soyotte a fait un clafoutis aux cerises et l'a caché sous son lit. Je l'ai goûté, il est fameux. Je l'ai caché ailleurs. Qui en veut ?

    Soyotte a fait un chatouillis en crise et a craché sous son lit. Dégoûtée, elle a fait "Meuh" chez le tailleur qui est vieux !

    Le coyotte a vu un chat rouillé en chemise et l'a couché dans son nid. Il a fait mieux chez ma soeur qui mange des pneus ! (premier rire)

    La bouillotte, sur un châle mouillé, s'est mouchée dans les plis du rapporteur en tranches de tarte aux cheveux ! (rire franc)

    Blounotte râle, toute mouillée, elle a été douchée par un papoteur sans manches qui lui a mis une carpe sur les yeux !" (fou-rire)

                                                  ma vallée

    Je suis toujours fascinée par la puissance des mots, des émotions qu'ils peuvent générer.

     





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