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La vie quotidienne d'une famille nomade ayant choisi l'IEF comme voie d'épanouissement

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Leçon d'art

Le Palais des Beaux-Arts de Lille organise des visites guidées hebdomadaires pour le public, nommées "Leçons d'art". Nous nous sommes rendus à l'une d'elles ce jeudi afin d'y apprendre "Comment regarder un tableau". 

Notre guide avait sélectionné cinq œuvres de différentes époques. En introduction, il a énuméré les quelques outils à disposition de l'historien de l'art pour étudier une œuvre, identifier son auteur et la dater : iconographie, stylistique, "connoisseurship", composition, coloris et apports scientifiques (comme la datation du bois par exemple).

Leçon d'art

 

C'est devant le monumental chef d'œuvre de Rubens, La Descente de Croix (vers 1716), que nous avons commencé notre leçon en posant les bases de l'observation. Après nous avoir situé le contexte historique, notre guide a mené dans un premier temps notre regard vers les personnages, les icones, ainsi que certains objets évocateurs au premier plan, permettant d'identifier la scène. Puis nous avons regardé la composition, la grande diagonale qui accompagne la descente et la spirale, le point central où se concentre l'action, l'entremêlement des personnages qui fait que tout se tient ensemble.

Nous avons ensuite observé les plans, au nombre de deux seulement, contrastés par des coloris vifs au premier plan, neutres en arrière-plan, ainsi que des jeux d'ombre et de lumière, de clair et d'obscur. Nous avons regardé de plus près la carnation des personnages, celle du Christ éteint, livide, ombrée de bleu, à laquelle fait écho celle de Marie sa mère, tandis que contraste la bonne mine de Marie-Madeleine, symbole de rédemption et de vie qui continue après la mort. De ces éléments a pu ressortir le message de l'artiste, sa volonté de montrer l'humanité et la mortalité du Christ.  

 

Après cette exploration d'une référence de la peinture baroque, nous nous sommes plongés dans le néo-classique face au tableau de David, Bélisaire demandant l'aumône (1781). Notre guide a identifié pour nous le personnage du général byzantin déchu devenu mendiant avant de passer à la composition de l'œuvre, qui se distingue bien de la précédente par son horizontalité, telle un bas-relief, en opposition avec le style rococo de l'époque et sa composition pyramidale. Le format presque carré du tableau est aussi singulier. Ces éléments permettent de distinguer le peintre David. La palette de couleur est ici très limitée. Les colonnades occupent une grande place tandis qu'en arrière-plan on aperçoit un paysage antique idéalisé. Au premier plan l'emphase est mise sur l'expression très marquée des personnages et la rhétorique de la pitié, marques du néoclassicisme. 

Leçon d'art

Nous changeons à nouveau de siècle pour rencontrer le tableau Médée (1838) de Delacroix. Notre guide nous remémore le mythe grec évoqué par l'œuvre. Cette fois-ci la composition est pyramidale, le mouvement au service de la tension et du drame qui se prépare. La palette est restreinte et joue sur les contrastes entre la grotte, sombre, et le teint de porcelaine de Médée. La lumière qui inonde son corps à l'exception de son front, symbole de la raison, montre la folie qui l'empare. L'environnement sauvage, naturel contraste également avec l'étoffe et le poignard qu'elle porte. Une œuvre à succès du courant romantique.

Leçon d'art

Parmi des chants d'oiseaux, une nouvelle salle nous présente un paysage de Corot, Idylle ou cache-cache, bacchanale peinte en 1859. Notre guide nous présente le courant de paysagistes de "l'Ecole de Barbizon" et leur lieu de prédilection pour peindre la nature : la forêt de Fontainebleau. L'invention du tube de gouache est une autre des révolutions du XIXème siècle pour les artistes, qui peuvent désormais peindre en extérieur, au plus près de leur sujet. Ici nous observons que la forêt occupe les 2/3 de la composition et que la place des personnages, des nymphes, est anecdotique. La hauteur des arbres accentue la verticalité. Les coloris sont doux et la peinture déposée par touches, conférant à la nature une atmosphère vaporeuse, une ambiance onirique recherchée par le peintre. 

 

Nous terminons notre leçon d'art dans une galerie du XXème siècle, face à une œuvre de Poliakoff nommée simplement Composition (1954). Inspiré par les travaux de Sonia Delaunay, Serge Poliakoff s'éloigne rapidement de l'art figuratif pour plonger dans l'abstrait. Ce tableau est composé de masses colorées qui ne sont pas des motifs géométriques mais des motifs organiques, vivants, expression spontanée de l'auteur, reflet de son état intérieur. Les couleurs sont pures, peu nombreuses, mats, appliquées à la brosse ou à la truelle, pas complètement opaques, sans vernis. Les formes s'enchaînent, redondantes et uniques à la fois. On est ici dans une négation totale du réel, sans dessin sous-jacent, dans une pulsion créatrice.

Leçon d'art

Notre parcours artistique à travers trois siècles et cinq œuvres contrastées se conclut là après une heure de visite. Nous repartons avec de nouveaux outils d'observation et de compréhension. 

 

Nous avons aussi profité d'être au Palais des Beaux-Arts pour aller chatouiller quelques sculptures de l'exposition temporaire "Prière de toucher". Les yeux bandés, j'ai guidé Joshua vers des reproductions de sculptures qu'il a découvertes par le sens du toucher uniquement, essayant de déduire la matière et le sujet exploré. Voltaire, l'air espiègle, a semblé s'amuser de cette exploration ! Puis nous avons inversé les rôles et mes doigts se sont retrouvés engloutis par une bouche ! Une expérience ludique appréciée, l'art autrement. 

Leçon d'art

Leçon d'art

 

 

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M
Une super exposition !!!