La vie quotidienne d'une famille nomade ayant choisi l'IEF comme voie d'épanouissement
Par carinebianca
Pour continuer sur la (re)connaissance des lettres, j'ai expliqué à Nathanaël qu'il y avait deux familles : les consonnes et les voyelles. Les voyelles se caractérisent dans la langue française par une certaine ouverture de la bouche laissant passer l'air et le son sans obstacle (dent, langue). Nous nous sommes donc amusés à les prononcer plusieurs fois en articulant au maximum. Joshua s'est aussi prêté au jeu, ravi. La suite mélodique des voyelles a ainsi été mémorisée (*avec le y qui joue double-jeu selon le son qu'il produit...)
Puis je leur ai montré sur mon clavier à quoi pouvaient bien servir les voyelles. J'ai écrit une suite de consonnes et les ai lues (enfin, j'ai tenté, dans le genre serbe complexifié : gfrplstqvbn), ce qui a provoqué des éclats de rire chez les enfants qui en demandaient encore. Mais à un moment donné, fini de rire, j'ai introduit les voyelles, qui pour notre plus grand soulagement, nous permettent de composer des mots prononçables dans notre langue (ce qui n'est aucunement une gageure contre les postillons, attention !).
Continuant à dérouler le fil, j'ai proposé à Nathanaël de faire une chasse aux lettre sur une feuille sur laquelle j'avais imprimé pêle-mêle consonnes et voyelles. Il a choisi le code pour l'avenir : les voyelles seront vertes, les consonnes bleues (et les lettres qui dorment rouges, mais j'y reviendrai dans un autre article). Il a donc, muni de ses lassos-feutres bleu et vert, attrapé les voyelles et les consonnes. A chaque lettre qu'il capturait, je lui demandais aussi son nom, ce qui m'a permis en quelques minutes de faire le bilan des lettres qu'il ne reconnaissait pas encore.
Pour ces lettres qu'il n'arrivait pas à nommer, je lui ai proposé de jouer à les déguiser. Je lui ai tracé sur une feuille un e, un j, un g, un u pour commencer et ai lancé l'idée que le e me faisait penser à un escargot par exemple. Alors Nathanaël, emballé, a repassé sur mon trait la lettre qui désormais avait un corps allongé, des cornes et une coquille. A l'aide de feutres et de gommettes, chaque lettre a ainsi pris la forme de quelque chose de parlant pour lui, sans qu'il y ait de rapport avec le son produit par la lettre. Depuis, nous parlons du "u toboggan", du "j parapluie" et du "g clown". Quelques temps plus tard sont venus se joindre le "t piscine" et le "f mur d'escalade".
Mon chouchou !
Enfin, une autre fois, j'ai imprimé toutes les lettres de l'alphabet et Nathanaël les a ramenées dans leur maison : une maison bleue pour les consonnes, une maison verte pour les voyelles. Il a dessiné, découpé et tout collé lui-même (enfin, Joshua a quand même eu le privilège d'en placer deux...).
Depuis, les lettres se sentent bien chez elles en famille mais attendent avec impatience la prochaine sortie où elles pourront faire des rencontres, se mélanger et composer tous les mots que l'imagination peut aller chercher !
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