La vie quotidienne d'une famille nomade ayant choisi l'IEF comme voie d'épanouissement
C'est une trilogie de visites que nous aurions dû faire avec notre petit groupe IEF, nous avons dû nous contenter de deux pour explorer l'exposition du Louvre-Lens intitulée "Soleils Noirs".
Lors de notre première visite en septembre, notre guide nous a tout d'abord expliqué pour introduire le thème qu'une mine de charbon se trouvait à l'emplacement actuel du musée et que partant de ce fait, les commissaires de l'exposition s'étaient intéressés à l'utilisation du noir par les artistes. Elle a ensuite interrogé les enfants sur ce qu'évoquait pour eux comme émotion, comme sentiment le noir. Peur, tristesse, inquiétude... quelques émotions qui ne manqueront pas d'être illustrées pendant cette visite.
La visite a démarré sur la représentation des éléments : ciel ou forêt sombre, vent, brouillard, orage... on y remarque les nuances de gris. Nous découvrons aussi que la nuit représentée dans les œuvres n'est pas complètement noire, avec sa lune, ses étoiles, le contraste entre la lumière et le noir qui crée l'ambiance nocturne.
Plus loin, le tableau d'Emile Friant nous donne l'impression d'être une photographie, les enfants identifient d'où vient la lumière qui éclaire les personnages, de quel type de lumière il s'agit à partir d'indices.
Une vitrine présente la matière première pour l'artiste, du charbon de bois, de l'os carbonisé.
Puis nous rencontrons ensuite la Grande Ombre de Rodin, les enfants émettent des hypothèses sur les sentiments de ce géant sculpté : douleur, fatigue, tristesse, désespoir... et nous découvrons son histoire porte des Enfers.
Dans un second temps, la guide nous oriente vers la symbolique du noir. Le tableau qui marquera peut-être le plus les enfants, celui de Damien Hurst "Qui a peur du noir ?" : une agglomération de mouches collées. Pas de peur mais plutôt du dégoût. Nous entourent également des animaux effrayants, loups, araignées parmi autres démons et sorcières. La mode de 1830 s'intéresse à ce type de personnages, telles les 3 sorcières de Füssli.
Nous traversons les époques, les cultures, les croyances et abordons le thème de la mort. Nous voici face à Osiris, dieu de la résurrection et sa femme Isis. Ici le noir est symbole de terre, de fertilité.
Un monument funéraire absorbe l'attention des enfants évoquant que quand on meurt, le corps disparaît mais la foi que l'âme va demeurer auprès de Dieu est présente. Nous achevons notre visite devant la "Vanité" de Philippe de Champaigne qui nous rappelle par les symboles de la tête de mort, de la fleur fanée et du sablier que le temps passe inéluctablement. "Souviens-toi que tu vas mourir" nous soufflent les murs du musée.
Le temps file effectivement et il est temps de rejoindre la salle d'atelier créatif ! Notre guide nous fait remarquer en chemin qu'elle n'est pas habituée à ce type de groupe où les enfants sont si attentifs, intéressés, dans l'échange, le questionnement... ce qui chaque fois raccourcit la durée de l'atelier pratique mais est néanmoins appréciable.
La proposition du jour est d'expérimenter la technique du monotype. Les enfants reçoivent une plaque de rhénalon, l'idée est de peindre à l'encre noire un visuel choisi parmi ceux de la visite et de l'imprimer sur une feuille de papier blanc.
Après avoir opté pour un modèle trop complexe, les garçons s'orientent vers la Vanité, un peu plus simple à réaliser.
Lors de la visite d'octobre, nous avons exploré d'autres salles de l'exposition, avons observé un certain nombre de portraits, les vêtements portés, découvert qu'en Occident le noir était réservé aux riches. Notre guide nous a donné la formule botanique pour obtenir du noir intense : bois de Campêche et noix de Galle broyés en poudre, placés dans une cuve d'eau avec le tissu qui y macère pendant des heures.
Tandis qu'un tableau de Matisse nous montre comment le noir est capable d'absorber les autres couleurs, une pièce consacrée à Pierre Soulages nous présente le noir comme matière, l'observateur doit se déplacer devant l'œuvre pour en découvrir les stries et certains aspects que la lumière va faire ressortir.
L'atelier de ce jour sera un nuancier de noir bricolé méthodiquement, couvert de fusain, de peinture, de collage de papier déchiré...
Un troisième volet devait nous emmener dans le corps et la danse mais le musée a vu ses portes se fermer. Nous souhaitons de tout cœur sa réouverture prochaine et remercions les guides du Louvre-Lens pour savoir si bien diriger notre attention, affûter nos regards et notre curiosité et pour le partage de connaissances et secrets sur l'Histoire de l'Art. Merci aussi à Sonia pour la coordination entre les familles et le musée et à Yza pour le partage de photos.