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La vie quotidienne d'une famille nomade ayant choisi l'IEF comme voie d'épanouissement

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La persévérance

Nathanaël a des idées plein la tête, un esprit vif et des envies qui demandent à être assouvies immédiatement. Il se lance rapidement dans des projets ingénieux, des activités artistiques ou sportives mais perd généralement ses moyens et sa détermination dès que survient un obstacle. Frustration, colère, cris, pleurs, destruction,... il se laisse submerger par ses émotions, égare sa confiance en lui et reste figé sur le problème. Il n'a que 7 ans, mais même pour un adulte, prendre du recul pour chercher des solutions ou fournir un effort sur la durée, ce n'est pas toujours évident. 

Jusque-là, nous lui tenions le discours constant du "Ne t'en fais pas, ça ne marche pas du premier coup, mais avec de l'entraînement, tu vas finir par progresser et y arriver". Nous l'accompagnions dans la démarche de résolution et lui faisions constater le moment venu qu'il y était finalement parvenu. Répéter, réconforter, encourager. Et parfois perdre à son tour patience et se fâcher, parce que nous ne sommes pas toujours dans le contrôle des émotions nous non plus !

Et puis il y a eu le violon, cette porte grinçante déguisée en instrument élégant. Etant personnellement très sensible au bruit, ce n'est pourtant pas cela qui m'a inquiétée lorsque nous avons signé. C'est que l'apprentissage du violon est réputé difficile et que j'appréhendais la réaction de Nathanaël face aux premières difficultés. Effectivement, elles n'ont pas tardé à se présenter et l'enthousiasme a fait place à la frustration de ne pas réussir à jouer aussitôt parfaitement. Tenir son archet correctement, placer le violon correctement, adopter la bonne posture, la bonne gestuelle, puis ajouter en plus les doigts sur les cordes... imaginez le défi ! J'ai pourtant trouvé qu'il se débrouillait bien dès les premiers cours. Mais pour lui, la moindre remarque que sa prof ou moi pouvions faire pour l'amener à progresser était prise comme une critique de ce qu'il faisait et un échec personnel. Le "C'est déjà très bien" ne l'encourageait pas. 

Et puis un jour, poussée par la curiosité, j'ai moi-même pris le violon miniature pour tenter l'exercice et ai produit des sons si affreux que notre fiston... en a retrouvé le sourire ! Il m'a alors dit : "Tu vois Maman, pour m'encourager, il faut que je voie que même toi, tu n'y arrives pas !". Voilà. Car je suis le modèle, celle qui connaît et sait faire des tas de choses, le produit fini... sans que Nathanaël n'ait vu le cheminement de mes apprentissages. Car en effet, si dans une salle de classe, les enfants ont la possibilité d'observer les difficultés et réussites des autres en partant plus ou moins du même stade, ce n'est pas le cas à la maison (du moins pour l'aîné des enfants). Nathanaël m'avait déjà dit lors de son apprentissage de la lecture "C'est facile pour toi, tu sais lire !", comme si j'étais née avec cette capacité ! 

J'ai pu néanmoins démontrer à mes enfants que les occasions d'apprentissage ne manquent pas non plus pour les adultes et que ce n'est pas facile pour nous non plus. C'est ainsi qu'ils m'ont vu étudier consciencieusement la langue magyare pour n'être en mesure après deux années que de commander un plat au restaurant (ça pète devant les touristes étrangers mais sinon, ce n'est pas l'apothéose quand même !). Ils ont aussi vu l'évolution de mes dessins, toujours admiratifs, quel que soit mon propre degré de satisfaction. Et alors que je n'avais pas touché un pinceau depuis des mois, j'ai récemment esquissé un panda et des caractères chinois. Observant le résultat, j'ai senti du dépit dans le regard de Nathanaël. "Mais comment arrives-tu à faire ça ??". Je lui ai alors sorti les six ratés qui ont précédé le dessin abouti, faisant participer les enfants, avec beaucoup d'autodérision, à la critique de mon "oeuvre", ce qui a bien rassuré Nathanaël. Enfin, depuis que je me suis lancée dans la cuisine végétalienne, les échecs ne manquent pas, malheureusement pour mes cobayes... "Maman, tu devrais arrêter, elles ne sont pas bien ces recettes !" Mais non, Maman a décidé de ne pas laisser tomber, de persévérer, de continuer à chercher les bonnes références, les bons ingrédients, de tout combiner, et ma foi, je commence à plutôt bien m'en sortir.

Pour développer leur confiance en eux, les enfants ont donc besoin de constater que tout n'est pas parfait dans ce que les autres font non plus (pas même la déesse Maman !). La prise de recul, l'analyse, le tâtonnement, l'entraînement, font partie de l'apprentissage. Et la persévérance, couplée à la motivation et au plaisir d'apprendre permet de réaliser généralement ce que l'on souhaite. L'important lors de ce cheminement étant de faire de notre mieux.

 

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D
Belle leçon d'humilité pour nous les parents !! grand merci à toi !<br /> domi
C
Merci, Ô ! Mimi-Bastet !
M
Pour Mimi, tu resteras toujours une déesse !