La vie quotidienne d'une famille nomade ayant choisi l'IEF comme voie d'épanouissement
Aujourd'hui nous étions gentiment conviés par le théâtre La Verrière à Lille à une visite privée pour découvrir l'envers du décor.
Catherine a accueilli chaleureusement notre groupe constitué d'une vingtaine d'enfants et parents. Elle nous a d'abord présenté l'histoire de ce théâtre lillois, lieu dit "intermédiaire", créé en 1992 dans un bâtiment loué à un privé par la compagnie La découverte, dont Catherine faisait alors partie en tant que comédienne. Ce statut intermédiaire lui permet une certaine liberté dans ses choix artistiques, en ayant toutefois des comptes à rendre aux partenaires soutenant son activité. Le créneau de La Verrière ce sont les compagnies du spectacle vivant de la région mais l'équipe propose aussi en plus des représentations des rencontres, des débats, des ateliers de pratique théâtrale à des publics variés, ce qui en fait un lieu de vie du quartier.
Après cette brève présentation, Catherine démarre la visite guidée, en commençant par le hall d'entrée où nous nous trouvons, sa fonction, les professions qui y sont présentes : accueil du public, billetterie, réservations, service au bar, ménage. Puis direction les coulisses du théâtre ! Nous voici alors dans le noir, dans le fond de scène, séparés du plateau par les pendrillons, noirs eux aussi. Catherine nous explique alors que les théâtres n'ont pas toujours eu cet aspect, que la "boîte noire" est un phénomène qui date de quelques décennies, la couleur noire au sol, sur les murs, au plafond ayant l'avantage d'être neutre pour accueillir n'importe quel décor mais aussi absorber la lumière des projecteurs sans réflexion et pouvoir ainsi mieux la travailler.
Nous passons alors côté spectateurs et rejoignons les 138 fauteuils face au plateau. D'ici nous observons au-dessus de nos têtes le grill technique qui supporte baffles et projecteurs amovibles, installés selon le plan feu. Catherine nous expose alors les différents métiers techniques qui font partie intégrante de la mise en scène d'un spectacle : technicien lumière, créateur lumière, créateur sonore, ingénieur du son, technicien et créateur d'images vidéo, qui vont savoir composer ensemble un univers sous la direction du metteur en scène. Si certaines grosses structures possèdent des éléments complètement automatisés, La Verrière garde encore un côté artisanal. Ainsi, les techniciens grimpent à la tour. La sécurité est évidemment un point primordial, pour le public comme pour les équipes techniques et les artistes.
Autre corps de métier : la scénographie. Face à nous sur le plateau sont disposés les éléments de la pièce qui sera jouée le soir-même. Si autrefois le décor consistait en une toile peinte, le scénographe travaille aujourd'hui sur tout l'espace scénique, en collaboration étroite avec les créateurs de lumière et de son. Ici un simple pan de mur en bois et un sol texturé évoquent parfaitement un terrain vague, lieu de vie du protagoniste de la pièce, que nous présente rapidement la comédienne Frédérique Sauvage.
Nous accédons ensuite aux locaux de stockage, d'abord l'atelier, où autrefois les décors étaient ici même créés, ce qui n'est aujourd'hui plus autorisé. On y fait donc plus que des petites réparations, des bricolages. Les vieux projecteurs y sont aussi remisés, avec leurs gélatines multicolores numérotées.
A l'étage, un couloir nous mène aux loges des artistes et à la régie. Face à une brochette de costumes, Catherine évoque quelques métiers devenus rares dans le monde du théâtre : costumier, habilleur, coiffeur, maquilleur, perruquier... que l'on trouve encore à l'opéra mais d'avantage désormais dans le monde du cinéma.
L'envers du décor du théâtre ce sont aussi les bureaux et le personnel administratif qui remplissent nombre de dossiers, de déclarations, demandes de subvention, communiquent sur la programmation, élaborent la médiation artistique...
Après cette visite guidée, nous nous retrouvons dans le hall pour quelques jeux amusants de pratique théâtrale, où adultes et enfants se transforment dans les rires tour à tour en lapins, en ninjas, enfin en chœur pour travailler l'ancrage, l'articulation, l'écoute du groupe.
Un immense merci à Catherine Gilleron pour son accueil, ses explications passionnantes et ses propositions ludiques. Le théâtre La Verrière est un lieu vraiment amical à la programmation artistique engagée que je ne saurais que trop vous recommander :)