La vie quotidienne d'une famille nomade ayant choisi l'IEF comme voie d'épanouissement
Nathanaël a démarré sa cinquième année de danse avec en cette rentrée une inscription en classe à horaires aménagés pour la partie des cours donnée au Conservatoire, où il se rend 4 jours par semaine pour suivre une douzaine d'heures d'enseignement en danse classique, contemporaine et moderne jazz et en éducation musicale. Un horaire auquel il a mis quelques semaines à s'adapter mais qui fait à présent partie de sa routine.
C'est guidé par un corps enseignant exclusivement féminin cette année qu'il poursuit ses pas chassés, assemblés, de bourrée et qu'il découvre de nouvelles ondulations et tchakaboum dans le moderne jazz, qu'il aime tout particulièrement (faire le chat quand on EST un chat, le bonheur !). Malgré encore un travail technique à fournir, des postures à corriger, il est valorisé pour ses propositions, sa créativité et son implication et a pris sa place dans le petit groupe de 9 enfants (dont 1/3 de garçons, et 1/3 de non-sco).
Nous avons pu assister aux portes ouvertes au mois de décembre dernier tandis que la préparation au spectacle battait son plein.
Lille étant "capitale du design 2020", la thématique était toute trouvée !
"Danse et design" était le titre de la représentation constituée d'une dizaine de performances rassemblant les élèves du Conservatoire et qui s'est déroulée au Grand Sud les 13 et 14 février.
"La danse par définition design le corps, l'espace et le temps. Le design peut l'inspirer par la dynamique de la forme, définissant l'espace, traduisant l'élan, la vitesse : avec les couleurs, les nuances d'intensité, du mouvement et de l'espace, et avec les qualités des matières qui peuvent transformer et transcender les corps." Prélude au spectacle...
Dans la première partie, Nathanaël a participé à la pièce "Espace-Forme-Couleur", chorégraphiée par son professeur de danse classique, inspirée par l'oeuvre de William Forsythe, abordée pendant l'année, et le Bauhaus, notamment le triadique d'Oskar Schlemmer.
Les costumes aux couleurs vives et tranchantes sur la scène noire, ainsi que la géométrie des formes et des déplacements en ont fait une pièce agréable à regarder.
Dans la seconde partie, la danse traitait aussi de la relation entre art et industrie. Des oeuvres étaient projetées en arrière-plan.
Partis d'une photo de Laszlo Moholy-Nagy, les enfants ont fait des propositions et composé avec leur professeur de moderne jazz et le groupe du niveau supérieur une pièce dynamique, rythmée, où les danseurs traçaient par leur passage effréné des lignes droites, brisées, tandis que dans un second temps, la musique s'est faite plus enveloppante, les pas plus alanguis, les corps plus souples, les lignes tout en rondeurs, pour finir en spirale et disparaître.
Une représentation qui a dépassé le cadre et les attentes d'un "spectacle de fin d'année" d'école, offrant aux spectateurs des pièces de qualité, originales, intéressantes, parfois drôles ou captivantes.
Merci aux professeurs et à la directrice du pôle danse du Conservatoire d'avoir su impliquer les élèves, ouvrir leurs champs, développer leur potentiel, tout en préservant malgré l'exigence le plaisir de la danse et la joie d'être sur scène.
Dans le même temps, les enfants abordaient lors de l'atelier hebdomadaire d'architecture avec Anne le design, et notamment le Bauhaus. Bâtiments, aménagement intérieur et extérieur, mobilier, objets, costumes... Des facettes qu'ils ont eu l'opportunité de rafraîchir lorsque nous nous sommes rendus à l'exposition du WAAO, Centre d'architecture et d'urbanisme de Lille.
Joshua a remarqué les balcons sur les photographies, observé avec intérêt les chaises, avant de s'attabler au bout de la salle où plusieurs jeux étaient placés en accès libre. Il a aussitôt invité son papa à une partie d'échecs aux pions singuliers, tandis que Nathanaël, après avoir manipulé la police Bauhaus, s'est lancé dans la construction...
Paysage urbain - centre commercial, gratte-ciel avec observatoire sur la ville, bureaux, parking et habitations